L’arthrose du genou ne touche pas toujours l’ensemble de l’articulation de manière uniforme. Dans de nombreux cas, seul un compartiment du genou est atteint, tandis que les autres zones restent saines. Face à cette situation, la prothèse unicompartimentale représente une alternative élégante et moins invasive à la prothèse totale de genou. À la Clinique du Sport à Paris, nos chirurgiens orthopédistes spécialisés évaluent précisément l’étendue des lésions pour proposer la solution la mieux adaptée à chaque patient.15
Comprendre l’anatomie du genou et ses trois compartiments
Le genou se divise en trois compartiments distincts, chacun pouvant être affecté indépendamment par l’arthrose. Le compartiment fémoro-tibial interne, situé du côté médial du genou, supporte naturellement une charge importante lors de la marche et constitue la zone la plus fréquemment touchée par l’arthrose. Le compartiment fémoro-tibial externe, moins sollicité chez la plupart des individus, peut néanmoins développer une arthrose isolée, particulièrement chez les personnes présentant un genu varum important.
Le compartiment fémoro-patellaire, entre la rotule et le fémur, peut également être le siège d’une arthrose spécifique, notamment chez les personnes ayant souffert d’instabilité rotulienne ou de traumatismes antérieurs. Cette organisation anatomique en compartiments distincts explique pourquoi une usure localisée peut justifier un remplacement partiel plutôt que total de l’articulation.
Qu’est-ce qu’une prothèse unicompartimentale ?
La prothèse unicompartimentale du genou, également appelée prothèse partielle, remplace uniquement le compartiment arthrosique en préservant les structures saines. Concrètement, le chirurgien retire le cartilage usé et une fine couche d’os sous-chondral uniquement dans la zone atteinte, puis fixe deux composants métalliques de petite taille sur le fémur et le tibia, entre lesquels s’interpose une pièce en polyéthylène servant de nouveau cartilage.
Cette intervention diffère fondamentalement de la prothèse totale qui remplace l’ensemble des trois compartiments. En préservant les ligaments croisés, notamment le ligament croisé antérieur essentiel à la stabilité du genou, ainsi que les compartiments sains, la prothèse unicompartimentale permet de conserver une cinématique articulaire plus naturelle.
Les implants utilisés ont considérablement évolué ces dernières années. Les matériaux modernes offrent une excellente longévité, avec des taux de survie à 15 ans dépassant 90% lorsque l’indication est bien posée. Certains modèles permettent une fixation sans ciment, favorisant une récupération encore plus rapide.
Les indications précises de la prothèse unicompartimentale
Tous les patients souffrant d’arthrose du genou ne sont pas candidats à une prothèse unicompartimentale. L’indication doit être rigoureusement posée après un bilan clinique et radiologique complet. Le critère fondamental est une arthrose strictement localisée à un seul compartiment, sans atteinte significative des autres zones. Les radiographies en charge et l’IRM permettent d’évaluer précisément l’état cartilagineux de chaque compartiment.
La conservation des ligaments croisés, particulièrement du ligament croisé antérieur, constitue un prérequis indispensable. Un genou instable ou présentant une laxité ligamentaire importante ne pourra bénéficier de cette technique. L’absence de déformation majeure du genou est également nécessaire : un axe relativement conservé, avec une déviation inférieure à 10-15 degrés, permet d’envisager cette option.
L’âge du patient, bien que non déterminant, entre en considération. Les patients actifs, même relativement jeunes, peuvent bénéficier de cette technique qui préserve le capital osseux et facilite une éventuelle révision ultérieure. L’indice de masse corporelle doit idéalement rester modéré, un surpoids important augmentant les contraintes mécaniques sur l’implant.
Les attentes fonctionnelles du patient doivent être réalistes. La prothèse unicompartimentale permet généralement un retour à des activités sportives modérées comme la marche, le vélo, la natation ou le golf. Les sports à impact élevé restent déconseillés pour préserver la longévité de l’implant.
La technique chirurgicale mini-invasive
L’intervention pour pose d’une prothèse unicompartimentale s’effectue sous anesthésie générale ou rachianesthésie, selon les préférences du patient et l’évaluation de l’anesthésiste. La durée opératoire varie entre 45 minutes et une heure, nettement inférieure à celle d’une prothèse totale.
L’approche chirurgicale privilégie une incision réduite, généralement de 8 à 12 centimètres, contre 15 à 20 centimètres pour une prothèse totale. Cette mini-incision permet d’accéder au compartiment concerné en écartant les tissus plutôt qu’en les sectionnant, préservant ainsi l’appareil extenseur et les structures péri-articulaires.
Le chirurgien procède à une résection osseuse minimale, retirant uniquement quelques millimètres d’os dans les zones usées. Cette économie de capital osseux constitue un avantage majeur en cas de révision ultérieure. Les coupes osseuses sont réalisées avec une précision millimétrique, souvent assistées par des guides de coupe spécifiques ou par navigation informatique dans certains centres experts.
Les implants sont positionnés et fixés, soit avec du ciment chirurgical, soit en technique sans ciment selon les cas. Le compartiment est alors testé en mobilité pour vérifier l’équilibre ligamentaire et l’amplitude des mouvements. Un drainage peut être mis en place temporairement avant la fermeture cutanée soigneuse.
Les suites opératoires et la récupération
Les suites d’une prothèse unicompartimentale sont remarquablement plus simples que celles d’une prothèse totale. La douleur post-opératoire est généralement modérée, bien contrôlée par les protocoles analgésiques modernes incluant souvent une anesthésie locorégionale prolongée et des anti-inflammatoires.
La mobilisation débute dès le lendemain de l’intervention. L’appui complet sur la jambe opérée est généralement autorisé immédiatement, sans nécessité de cannes dans la plupart des cas, ou avec un support de courte durée de quelques jours seulement. Cette mise en charge précoce contraste avec les anciennes recommandations et accélère considérablement la récupération fonctionnelle.
L’hospitalisation est courte, variant de 2 à 4 jours selon les cas et les protocoles. Certains centres développent même la chirurgie ambulatoire pour cette intervention chez des patients sélectionnés, permettant un retour à domicile le jour même.
La rééducation kinésithérapeutique commence dès les premiers jours post-opératoires. Elle vise à récupérer les amplitudes articulaires, renforcer la musculature et restaurer la proprioception. L’objectif de flexion à 120 degrés est généralement atteint en quelques semaines. La rééducation est moins intensive et plus courte que pour une prothèse totale, souvent 15 à 20 séances suffisent.
Le retour aux activités quotidiennes s’effectue progressivement. La conduite automobile est généralement possible après 3 à 4 semaines. La reprise professionnelle dépend de l’activité : un travail sédentaire peut être envisagé après 4 à 6 semaines, tandis qu’une activité physique nécessite 2 à 3 mois. Les activités sportives douces comme le vélo ou la natation peuvent reprendre vers 2-3 mois, avec une autorisation médicale.
Les avantages comparés à la prothèse totale
La prothèse unicompartimentale présente plusieurs avantages substantiels par rapport à la prothèse totale de genou. La préservation du capital osseux et des ligaments croisés offre une sensation plus naturelle lors de la mobilisation. Les patients décrivent fréquemment leur genou comme « oublié », ce qui est plus rarement le cas après prothèse totale.
La récupération fonctionnelle est significativement plus rapide. Les études comparatives montrent un retour à l’autonomie complète deux fois plus rapide qu’après prothèse totale. L’amplitude articulaire finale est souvent supérieure, avec des flexions dépassant fréquemment 130 degrés.
Le taux de complications est réduit. Le risque infectieux, bien que faible dans les deux cas, est légèrement inférieur du fait d’une incision plus courte et d’une durée opératoire moindre. Les phlébites et embolies pulmonaires sont également moins fréquentes. La perte sanguine per-opératoire est minime, rendant exceptionnelle la nécessité de transfusion.
La satisfaction des patients est excellente, avec des taux dépassant 90% dans la plupart des études. Cette satisfaction élevée s’explique par le caractère moins invasif de l’intervention et les résultats fonctionnels remarquables obtenus.
Les limites et les risques potentiels
Malgré ses nombreux avantages, la prothèse unicompartimentale présente certaines limites qu’il convient de connaître. Le principal risque est celui de la progression arthrosique dans les compartiments non prothésés. Entre 5 et 10% des patients peuvent développer une arthrose symptomatique dans un autre compartiment dans les 10 à 15 ans suivant l’intervention, nécessitant alors une conversion en prothèse totale.
Le taux de révision chirurgicale, bien qu’ayant considérablement diminué avec l’amélioration des techniques et des indications, reste légèrement supérieur à celui des prothèses totales dans les grandes séries. Ce taux s’explique en partie par l’extension possible de l’arthrose, mais aussi par des causes mécaniques comme un descellement ou une usure du polyéthylène.
L’erreur d’indication constitue le principal facteur d’échec. Une arthrose plus étendue que prévue, une instabilité ligamentaire méconnue ou une déformation axiale sous-estimée peuvent compromettre le résultat. D’où l’importance d’un bilan pré-opératoire rigoureux et d’une sélection précise des patients.
Les douleurs résiduelles, bien que rares, peuvent persister chez certains patients, généralement liées à une atteinte rotulienne associée non diagnostiquée en pré-opératoire ou à une hypersensibilité individuelle.
La conversion en prothèse totale : une option toujours possible
L’un des arguments rassurants de la prothèse unicompartimentale réside dans la possibilité de conversion en prothèse totale si nécessaire. Contrairement à une idée reçue, cette révision n’est pas plus complexe qu’une pose de prothèse totale classique, le capital osseux ayant été préservé lors de la première intervention.
Les études montrent que les résultats fonctionnels après conversion sont comparables à ceux d’une prothèse totale de première intention. Cette réversibilité rassure souvent les patients hésitants, particulièrement les plus jeunes qui se projettent sur plusieurs décennies.
Surveillance et suivi à long terme
Après la pose d’une prothèse unicompartimentale, un suivi régulier est nécessaire. Des consultations de contrôle sont programmées à 6 semaines, 3 mois, 6 mois, puis annuellement. Des radiographies de contrôle permettent de vérifier le positionnement de l’implant et d’évaluer l’état des compartiments non prothésés.
Les patients doivent être attentifs à certains signes d’alerte : réapparition d’une douleur significative, gonflement persistant, sensation d’instabilité ou limitation fonctionnelle progressive. Ces symptômes justifient une consultation rapide pour éliminer une complication.
L’hygiène bucco-dentaire et la prévention des infections à distance sont importantes pour éviter une contamination hématogène de la prothèse. Une antibioprophylaxie peut être nécessaire lors de certains soins dentaires ou interventions invasives.
Résultats et perspectives
Les résultats à long terme de la prothèse unicompartimentale sont excellents lorsque l’indication est correctement posée. Les études de suivi à 15 et 20 ans montrent des taux de survie de l’implant dépassant 85 à 90%, avec une qualité de vie très satisfaisante pour la grande majorité des patients.
Les évolutions technologiques continuent d’améliorer cette technique. Les prothèses de nouvelle génération, les matériaux plus résistants et les techniques de navigation chirurgicale permettent d’optimiser encore les résultats. Certains centres développent la chirurgie robotisée pour cette indication, offrant une précision de positionnement submillimétrique.
À la Clinique du Sport à Paris, nos chirurgiens orthopédistes spécialisés disposent d’une expertise reconnue dans la pose de prothèses unicompartimentales. Chaque dossier fait l’objet d’une évaluation approfondie pour déterminer si cette technique représente la meilleure option pour le patient.
Vous souffrez d’arthrose localisée du genou et souhaitez savoir si une prothèse unicompartimentale peut vous convenir ? Prenez rendez-vous pour une consultation spécialisée et bénéficiez d’un bilan complet avec proposition d’un traitement personnalisé.