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Rupture du ligament croisé antérieur du genou, que faire et qui croire?

 
Regis BOXELE


Quelques chiffres …

- 75 % des ruptures du ligament croisé antérieur se produisent lors de la pratique sportive.
- 16 000 ruptures du ligament croisé antérieur par an surviennent en France lors de la pratique du ski.
- L’âge moyen de survenue est de 30 ans.
- La rupture de ce ligament est 2 à 8 fois plus fréquente chez la femme



Les différents types de mécanisme entraînant une rupture du Ligament croisé antérieur.



- Par hyper extension

C’est le mécanisme du shoot dans le vide



- Par rotation

C’est le mécanisme du changement d’appui au foot ou du croisement des skis



- Par hyper flexion

C’est le mécanisme du talon/fesse lors d’une chute



Comment faire le diagnostic ?



- L’interrogatoire :

o Type de mécanisme du traumatisme
o Perception d’un claquement au moment du traumatisme avec parfois la perception d’un « hyper mouvement »
o Peut être parfois peu douloureux avec possibilité de continuer certains sports avec quand même la sensation de « patte folle ».
o Perception de jeu dans le genou et/ou d’une impossibilité de prendre un appui franc sur ce dernier.



- L’examen par le médecin

o Parfois épanchement de synovie
o Mise en évidence d’un jeu anormal dans le genou
o Reproduction par le praticien d’une instabilité du genou



- Les examens radiologiques :

o La radio permet d’éliminer une fracture
o L’IRM permet de visualiser l’état du ligament croisé antérieur.



Que faire avec un ligament croisé antérieur rompu ?

« Docteur, vais-je pouvoir reprendre le foot sans me faire opérer ? »
« On m’a dit que j’étais trop vieux pour me faire opérer ?
« Au bout de combien de temps, vais-je pouvoir reprendre la compétition ? »
« Est-ce exact qu’en cas de rupture
partielle, l’opération n’est pas nécessaire ? »



- Sans ligament croisé antérieur, c’est l’instabilité !

Même si avec un ligament rompu, il se peut que le patient ne soit pas gêné dans la vie quotidienne et lors de la pratique de certains sports, la non efficience de ce dernier va engendrer un jeu dans le genou qui entraînera une usure prématurée du genou.
Quelques années plus tard, si on ne fait rien, on s’exposera à des lésions d’arthrose et/ou méniscales par effet de «cisaillement » du genou.
C’est la raison pour laquelle, il est, pour nous, « assassin » de ne rien proposer à un patient victime d’une rupture du ligament croisé antérieur.



- Alors, que faire ?

Deux possibilités, soit une réparation chirurgicale du ligament (=ligamentoplastie) soit de la kinésithérapie (= traitement fonctionnel).
La chirurgie présente l’intérêt de venir au plus proche de ce qu’était le genou avant le traumatisme. Mais les suites sont longues et demandent une grande motivation et un important travail de kinésithérapie post opératoire. Ce faisant, la reprise du sport sera possible entre le 7° et 10° mois après la ligamentoplastie.

La kinésithérapie seule, permet la reprise du sport dès le 3° mois mais ne permet pas de refaire, à bon niveau, des sports comme le rugby, le foot, le handball, le Basket Ball.



- Dois-je me faire opérer ou faire de la kiné ?

Dans tout les cas, il n’y a pas d’urgence à opérer sauf s’il existe une atteinte d’autres ligaments.

La décision doit répondre à deux questions.
La première est celle du court terme ; la simple kiné me permettra t-elle de pratiquer mon sport favori dans de bonnes conditions?
La deuxième est celle du long terme ; la simple kiné me permettra t-elle d’éviter les lésions arthrosiques dans 20 ou 30 ans?
Bien sûr, tout se décide au cas par cas mais de manière schématique on peut proposer ceci :
Patient jeune Chirurgie afin d’éviter le plus possible des lésions méniscales et/ou arthrosiques quelques années plus tard
Patient > 35 ans
non sportif et ne
ressentant pas d’instabilité Kinésithérapie et surveillance médicale annuelle

Patient > 35 ans
Sportif et motivé
Selon le sport pratiqué et l’existence de facteur de risque d’arthrose associé : chirurgie ou kiné



Le médecin m’a dit que j’avais une lésion ligamentaire partielle, que dois-je faire ?



- Qu’est ce qu’une lésion ligamentaire partielle ?

Depuis peu, avec l’apport de l’IRM, faite de plus en plus précocement, nous avons pu mettre en évidence des ruptures ligamentaire qui n’étaient pas complète. Comme un simple effilochage d’une grosse corde de chanvre, le ligament semble juste distendu sans rupture complète.
Avec, beaucoup d’habitude, le praticien peut également évoquer ce diagnostic lors de son examen ; Il existe un jeu dans le genou mais moins important que s’il existait une rupture complète.



- Quelles en sont les répercussions ?

Imaginez une pièce rectangulaire avec une grosse corde de chanvre tendue à un mètre du sol entre deux murs opposés.
Imaginez maintenant que vous donniez un coup de ciseau à cette corde. Nous sommes dans le cas d’une rupture complète. Les 2 bouts coupés tombent par terre, et n’ont aucune chance de se cicatriser puisqu’ils sont loin l’un de l’autre. Imaginez maintenant, avec un couteau, que vous coupiez de manière partielle votre corde de telle manière à ne laisser que quelques fibres de chanvre. Nous sommes dans le cadre d’une rupture partielle. Dans ce cas notre corde reste tendue et les deux extrémités coupées vont pouvoir cicatriser car encore proche l’une de l’autre. Les quelques fibres du ligament non rompu servant de tuteur pour cette cicatrisation spontanée du ligament.
Dès lors, au moindre doute d’une lésion partielle du ligament croisé antérieur, il faut savoir se donner deux à trois mois pour se laisser la chance d’une cicatrisation spontanée qui, si elle se produit permet de retrouver la pleine capacité fonctionnelle de ce ligament.
Dans ce cas, on confirmera cette cicatrisation vers le 2°, 3° mois par un examen médical et au besoin la réalisation d’une nouvelle IRM.



Conclusion

Même si dans certains cas, on peut s’accommoder d’une rupture du ligament croisé antérieur, il est primordial de ne pas pratiquer la « politique de l’autruche » en ne faisant rien car les risques d’arthrose, quelques dizaines d’années plus tard, sont importants.




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